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Qui sont les victimes du stress au travail ?

Observatoire de la Santé Psychologique au Travail de Stimulus

· Études

L’Observatoire de la Santé Psychologique au Travail, publié en novembre 2017, a été mené par Stimulus, cabinet de conseil indépendant et spécialiste de la Santé Psychologique au Travail. Cette étude a évalué plus de 30 000 salariés, entre janvier 2013 et juin 2017, travaillant dans différentes entreprises. En voici les principaux enseignements.

Qui s’expose le plus au stress ?

Cette étude rappelle que l’hyperstress est défini comme « un niveau de stress trop élevé et donc à risque pour [la] santé ». 24% des salariés présentent alors un état d’hyperstress. Paradoxalement, être cadre ou non-cadre, avoir ou ne pas avoir des responsabilités d’encadrement n’influencent pas ce taux. En revanche, le stress varie en fonction du sexe, de l’âge et du secteur d’activité du salarié.

Concernant le sexe, le stress touche généralement plus les femmes que leurs homologues masculins. 28% des salariées sont ainsi en hyperstress (contre 20% pour les hommes) et 46% des femmes ne ressent que peu de stress (contre 55%). Quant à l’âge, les « moins de 30 ans » sont les moins stressés (20% d’hyperstress). Tandis que les « plus de 50 ans » et les « 40–50 ans » sont les plus concernés (avec respectivement 26% et 27% en état d’hyperstress). C’est d’ailleurs chez cette dernière tranche d’âge qu’on recense les cas les plus fréquents de burn-out et de suicides au travail. Au sujet de l’ancienneté, la même tendance se confirme. Les salariés avec plus de 25 ans d’ancienneté sont plus exposés au stress par rapport à ceux ayant moins de 5 ans (respectivement 28% et 19% d’hyperstress).

Enfin, c’est en examinant les secteurs d’activité qu’on constate les écarts les plus significatifs (allant de 20 jusqu’à 42%). Ainsi, « la santé humaine et les actions sociales » (42% d’hyperstress) sont les plus touchées. Suivies par « les arts, les spectacles et les activités récréatives » (31%) et « les services » (29%). Alors que « les transports et l’entreposage » (20%), « le commerce », « la production, la distribution d’eau, l’assainissement, la gestion des déchets et la dépollution » et « l’industrie manufacturière » (21% pour chacun des trois derniers) souffrent moins du stress.

Qu’en est-il de la dépression et de l’anxiété ?

Globalement, 29% des actifs éprouvent un niveau de dépression élevé (symptômes importants ou probabilité d’une pathologie). 6% d’entre eux ont probablement une dépression (au sens médical du terme).

Cette fois-ci, les femmes présentent moins de niveaux dépressifs élevés que leurs homologues masculins (28% contre 31% respectivement) mais elles présentent un taux équivalent pour une dépression probable (6% contre 7%). Les manifestations dépressives sont légèrement moins présentes chez les cadres que les non-cadres (37% contre 31%) mais ils présent tous les deux un taux équivalent pour une pathologie dépressive. Pas de différence significative en cas de responsabilités d’encadrement.

En revanche, le niveau élevé de dépression s’accentue avec l’âge. Si les moins de 30 ans (23%) et les 30-40 ans (28%) sont les moins touchés, les 40-50 ans et les âgés de 50 ans ou plus en souffrent plus (31% pour chacune de ces tranches). De même concernant le facteur de l’ancienneté : 20% pour ceux ayant une ancienneté de moins de 5 ans et 31% pour ceux ayant une ancienneté dépassant 25 ans.

Là-aussi, les secteurs d’activité affichent les plus grandes disparités : « les arts, les spectacles et les activités récréatives », « la santé humaine et l’action sociale » et « l’administration publique » sont ainsi les secteurs les plus concernés (respectivement 37%, 33% et 33% pour un niveau élevé de dépression et 12%, 7% et 7% pour un état probable de dépression). Tandis que « l’industrie manufacturière » et « le commerce » sont les moins exposés (avec 23% et 26% de niveau élevé de dépression respectivement).

Concernant l’anxiété, 52% des salariés présentent un niveau élevé (symptômes importants et probabilité d’une pathologie) et 16% d’entre eux ont probablement un trouble anxieux (au sens médical du terme). Les femmes restent plus exposées que les hommes (57% et 18% pour un niveau élevé d’anxiété et une pathologie anxieuse, contre 47% et 14% pour les hommes). Pas de différence majeure non plus entre les cadres ou non-cadres, qu’ils aient des responsabilités d’encadrement ou non.

Quels sont les facteurs de stress les plus significatifs ?

Les « exigences et les contraintes du travail » sont le facteur de stress ayant le plus fort impact, à la fois en termes « d’exposition » et en termes de « danger » sur la santé psychologique des salariés : « manquer de temps » et « devoir traiter des informations complexes et nombreuses » concernent respectivement 62% et 72% des salariés. « La non-participation aux décisions touchant [au] travail » et « le manque d’autonomie » génèrent également beaucoup de stress même s’ils touchent moins de salariés (56%). Pour ce dernier facteur, il est intéressant de constater que si certains facteurs concernent moins de salariés (voire une minorité dans certains cas), ils représentent une source importante de stress pour les personnes qui s’y exposent. C’est d’ailleurs le cas des « objectifs au travail » (41% des salariés), le « manque de soutien moral au travail » (33%), le fait que « [le] travail ne fait pas sentir utile [le salarié] ni ne [lui] donne une bonne image de [lui] » (29%) et « la mauvaise ambiance au travail » (27%).

A contrario, les « changements survenant au travail » affectent un nombre important de salariés, mais génèrent moins de stress. (88% estiment alors que « leur métier nécessite de s’adapter sans cesse » et 76% pensent qu’il leur est « impossible de prévoir leur travail dans deux ans »).

De même, certains facteurs touchent moins de salariés et engendrent moins de stress. C’est le cas notamment des difficultés relationnelles avec la « mauvaise relation avec les supérieurs » (15% des salariés) et les « contacts non-satisfaisants avec les gens » (18%). Exception faite pour deux facteurs : « être en contact avec des gens impolis » (21%) et « avoir des personnes au travail qui prennent plaisir à me faire souffrir » (14%) génèrent alors un stress fort et important. Enfin, il n’y a pas de différence majeure ici entre hommes et femmes. Ni entre les différentes catégories d’âge ni entre les cadres et les non-cadres.

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